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Fuente de Cantos - Situation

Aldea del Cano

Aldea del Cano

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Aller

Paysage d'Aller

Paisaje de Aller

Aller

Paysage d'Aller

Paisaje de Aller

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Paysage d'Aller

Paisaje de Aller

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Paysage d'Aller

Paisaje de Aller

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Paisaje de Aller

Baños de Montemayor

Villa Termal de Calidad Excelente

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Baños de Montemayor

Villa Termal de Calidad Excelente

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Béjar

Ruta de las Fábricas Textiles

Ruta de las Fábricas Textiles

Béjar

Ruta de las Fábricas Textiles

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Benavente

Merece un alto en el camino

Merece un alto en el camino

Benavente

Merece un alto en el camino

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Calzadilla de los Barros

Retablo del Divino Salvador

Retablo del Divino Salvador

Calzadilla de los Barros

Retablo del Divino Salvador

Retablo del Divino Salvador

Carmona

Carmona, un musée

Carmona, a museum

Carmona

Carmona, un musée

Carmona, a museum

Carmona

Carmona, un musée

Carmona, a museum

Carmona

Carmona, un musée

Carmona, a museum

Carmona

Carmona, un musée

Carmona, a museum

Casar de Cáceres

Miliarios romanos

Miliarios romanos

Casar de Cáceres

Miliarios romanos

Miliarios romanos

Fuente de Cantos

Terre des Peintres, des Cultures et des Traditions

Land of Painters, Cultures and Traditions

Fuente de Cantos

Terre des Peintres, des Cultures et des Traditions

Land of Painters, Cultures and Traditions

Fuente de Cantos

Terre des Peintres, des Cultures et des Traditions

Land of Painters, Cultures and Traditions

Fuente de Cantos

Terre des Peintres, des Cultures et des Traditions

Land of Painters, Cultures and Traditions

Fuente de Cantos

Terre des Peintres, des Cultures et des Traditions

Land of Painters, Cultures and Traditions

Gijón

Le Nord de l'Espagne qui pétille

Asturias con sal

Gijón

Le Nord de l'Espagne qui pétille

Asturias con sal

Gijón

Le Nord de l'Espagne qui pétille

Asturias con sal

Gijón

Le Nord de l'Espagne qui pétille

Asturias con sal

Gijón

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Asturias con sal

Guijuelo

Guijuelo

Guijuelo

Guijuelo

Guijuelo

Guijuelo

Hervás

Turismo con corazón

Turismo con corazón

Hervás

Turismo con corazón

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La Bañeza

Gran Premio de Velocidad Ciudad de La Bañeza

Gran Premio de Velocidad Ciudad de La Bañeza (20-21 de agosto 2016)

La Bañeza

Gran Premio de Velocidad Ciudad de La Bañeza

Gran Premio de Velocidad Ciudad de La Bañeza (20-21 de agosto 2016)

La Pola de Gordón

Reserva de la Biosfera del Alto Bernesga

Reserva de la Biosfera del Alto Bernesga

La Pola de Gordón

Reserva de la Biosfera del Alto Bernesga

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Lena

Destination du vélo

Destino ciclista

Lena

Destination du vélo

Destino ciclista

Lena

Destination du vélo

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León

León....te quedan dos deseos

León....te quedan dos deseos

León

León....te quedan dos deseos

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Llanera

En el corazón de Asturias

En el corazón de Asturias

Llanera

En el corazón de Asturias

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Los Santos de Maimona

El Piropo blanco de Extremadura

El Piropo blanco de Extremadura

Los Santos de Maimona

El Piropo blanco de Extremadura

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Mérida

Mérida

Mérida

Mérida

Mérida

Mérida

Mieres

Danza Prima

Danza Prima

Mieres

Danza Prima

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Montemolín

Fortaleza almohade

Fortaleza almohade

Montemolín

Fortaleza almohade

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Morcín

Embalse de los Afilorios

Embalse de los Afilorios

Morcín

Embalse de los Afilorios

Embalse de los Afilorios

Plasencia

La ciudad está viva, se siente viva

La ciudad está viva, se siente viva

Plasencia

La ciudad está viva, se siente viva

La ciudad está viva, se siente viva

Ribera de Arriba

Hórreos en Bueño

Hórreos en Bueño

Ribera de Arriba

Hórreos en Bueño

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Riosa

La Vega

La Vega

Riosa

La Vega

La Vega

Sevilla

We love people

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We love people

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Zafra

Palacio de los Duques de Feria SXV

Palacio de los Duques de Feria SXV

Zafra

Palacio de los Duques de Feria SXV

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Zamora

Desconocida, perfecta

Desconocida, perfecta

Zamora

Desconocida, perfecta

Desconocida, perfecta

Situación

Fuente de Cantos est la ville natale des peintres Francisco de Zurbarán et Nicolás Megía . Elle se situe au sud de la province de Badajoz à 80 km au sud de Mérida et à 120 km au nord de Séville. Elle possède environ 5100 habitants et se trouve sur la voie express A-66.

La page web de la localité est la suivante : www.fuentedecantos.org .

Fuente de Cantos dispose de liaisons routières directes avec de nombreuses localités, sans avoir à passer par une autre ville, ce qui en fait l’un des centres névralgiques du sud de l’Extremadura.

Le principal axe qui passe par Fuente de Cantos est la voie express A66, anciennement N.630, connue sous le nom de la Vía de la Plata (la Voie de l’Argent).
Les villages vers lesquels bifurquent les axes routiers depuis Fuente de Cantos » sont les suivants : BIENVENIDA, BODONAL DE LA SIERRA, CABEZA LA VACA, CALERA DE LEÓN, CALZADILLA DE LOS BARROS, LLERENA, LOS MOLINOS, MEDINA DE LAS TORRES, MONESTERIO, MONTEMOLÍN, PALLARES, PUEBLA DEL MAESTRE, SEGURA DE LEÓN et TRASIERRA.

38.246640241848, -6.3091886043549

Historia

Il existe encore beaucoup de lacunes en matière de recherche historique sur «Fuente de Cantos», une localité qui a souffert d’un manque de tradition historiographique dû aussi bien à des raisons de pauvreté ou à l’exploitation tardive de ses sources documentaires (les archives municipales) et archéologiques. Cependant, au cours des dernières années, historiens locaux et étrangers ont publié plusieurs monographies nous permettant d’aborder avec plus de fiabilité certaines périodes de son histoire.

Parmi celles-ci ne figure malheureusement pas celle des origines de la localité qui restent très peu documentées. D’après ce que nous savons à l’heure actuelle, le toponyme «Fuente de Cantos»  est apparu pour la première fois à l’occasion de sa conquête par les armées chrétiennes au cours de la décade de 1240. C’est du moins ce qui apparaît dans le « Apuntamiento legal » de Bernabé de Chaves rédigé vers 1740 ; soulignons que dans nos archives le premier document qui le mentionne date de 1293. Si nous nous basons sur ce qu’écrivit Chaves (pourquoi ne pas le faire ?), cela indiquerait évidemment que le village existait déjà avant la conquête chrétienne, quoique sous une autre appellation. Par contre, nous savons de source sûre que son actuel territoire communal était habité depuis la préhistoire. Grâce aux excellents résultats des fouilles menées au cours des vingt dernières années dans les coteaux connus sous le nom de « Castillejos I » et « Castillejos II », situés à proximité de la ville actuelle, il nous a été possible de reconstituer fidèlement le passage du Néolithique à la période de domination romaine au cours de laquelle ces assises disparurent ou furent supplantées par d’autres, soit du fait de la conquête, soit à cause du développement croissant de la « Vía de la Plata » qui imposa alors ses impératifs de communication, soit suite à l’épuisement et à la recherche de nouvelles ressources économiques, comme ce fut le cas avec l’industrie minière.


Les objets datés du temps de la présence romaine trouvés dans l’espace environnant sont fort nombreux, bien que l’on n’ait pas encore pu déterminer l’existence d’une assise d’envergure qui pourrait bien correspondre au « Lacunis » décrit par différentes sources de l’époque (et que certains associent néanmoins au village de « Castillejos II »). Quoi qu’il en soit, l’espace dans lequel nous nous trouvons fut effectivement un lieu de passage obligé dans la route entre Emérita, Reina et la vallée du Guadalquivir, via « Contributa Iulia » (« Medina de las Torres »). Ceci expliquerait l’abondance de vestiges de lieux habités dans les alentours : à « el arroyo del Villar », à « el arroyo del Viarejo, à « La Gallega », à « el Matorral-Rañal », à « El Risco », à « El Castrejón », etc. Iglesias Vicente considère qu’un bourg romain fut à l’origine du « Fuente de Cantos » actuel, comme le démontrent son orientation et la disposition de ses principaux axes routiers.
Nous méconnaissons l’évolution du territoire communal actuel durant l’étape wisigothe (de la fin du Vème siècle au début du VIIIème siècle) et il n’existe que de faibles traces nous permettant d’aborder la longue péríode musulmane (du VIIIème siècle à la moitié du XIIIème). Parmi celles-ci, à travers des pièces de monnaie et autres objets, nous soulignons la référence que Muza fit au toponyme « Alqant » ou « Lecant » en 712 étant donné qu’il a une certaine consonance avec le « Lacunis » romain qui pourrait parfaitement se trouver à l’origine de l’appellation actuelle. Les siècles du haut Moyen Âge ne furent pas très propices au développement de la localité : la zone ne présentait aucun intérêt stratégique aux yeux de l’émirat et du postérieur califat « cordobés » (de Cordoue) qui ne se daigna pas non plus à en exploiter les ressources. Pour couronner le tout, la localité fut l’objet à plusieurs reprises (au cours des VIIIème et IXème siècles) de multiples conflits belliqueux entre Muladis, Chrétiens et Berbères qui n’ont en rien dynamisé son essor démographique. Les chroniqueurs et géographes arabes laissent entrevoir que « Lecant » n’était guère qu’une enclave située dans un désert jusqu’au XIème siècle et ceux-ci ne l’incluaient même pas dans une zone administrative concrète. Depuis lors, rien ne changea, la localité disparut tout simplement des écrits.
A l’aide de recoupements et de simples hypothèses non documentées, nous pourrions avancer que durant le Bas-Empire romain, « Fuente de Cantos » était un village dont l’emplacement coïncidait avec celui de la ville actuelle, un village quelque peu revitalisé par les Musulmans après le déclin que toute cette région subit durant la domination wisigothe, ayant alors acquis, après la conquête par Fernando III à la moitié du XIIIème siècle, son appellation actuelle malgré son importance relative voire nulle du moment. On retrouve à l’époque un paramètre spatial important, qui plus est constant tout au long de son histoire : sa situation frontalière. Ce facteur fut déjà prépondérant dans l’Antiquité entre Celtes et Turdules, dans l’Hispanie romaine entre la Lusitanie et la Bétique, dans l’ « al-Andalus » un simple prélude à la riche vallée du Guadalquivir, frontière quasiment dépeuplée entre Maures et Chrétiens suite à la chute de Cordoue et depuis la reconquête jusqu’à de nos jours, frontière entre l’Estrémadure et l’Andalousie, tout comme entre l’Espagne et le Portugal. Mais rien de plus qu’une simple frontière périphérique, encore et toujours.

L’appartenance aux domaines chrétiens fut alors accompagnée d’une lente consolidation et expansion de la ville, riche en terres mais dotée d’une faible densité démographique. Ceci la contraignit à effectuer un difficile effort de repeuplement face au plus grand attrait exercé par le sud péninsulaire. L’Ordre de Santiago assuma dès lors le protagonisme en tant que référence politique, ecclésiastique et économique, un protagonisme qui se prolongea, malgré un grand affaiblissement à partir de la fin du XVIème siècle, jusqu’à l’abolition de sa juridiction en 1873. « Fuente de Cantos » ne bénéficia jamais d’une position privilégiée dans la trame administrative de l’Ordre, demeurant à l’ombre de Montemolín et de « Segura de León » au départ (époque où elle ne fut même pas dotée de sa propre « encomienda » - rente viagère sur les revenus de la ville -) et ultérieurement de Llerena. Cependant, elle subit une croissance supérieure à celle de presque toutes les localités environnantes : les chiffres avancés par certains auteurs de 1 842 habitants en 1494 nous paraissent franchement illusoires, mais les recensements de 1498 et de 1501 lèvent tous les doutes à ce propos : les près de 1 000 « vecinos » (familles) que tous deux comptabilisaient (un peu moins de 4 000 habitants) prouvent qu’il s’agissait bel et bien de l’une des plus grandes agglomérations de l’actuelle Estrémadure. Ses ressources économiques reposaient sur la culture de céréales et surtout sur l’abondance de pacages, dont une grande partie était d’usage communal et intercommunal. Parmi ceux-ci, les pâturages dont la propriété était partagée par les cinq villes associées (Calzadilla, Medina, Monesterio, Montemolín et « Fuente de Cantos ») se distinguaient. Ce partenariat, qui perdura jusqu’à une bonne partie du XIXème siècle, fonctionna comme un véritable gouvernement régional, embrassant y compris des compétences qui allaient bien au-delà de l’exploitation des terres partagées.
Outre l’activité agricole et l’élevage, le commerce est susceptible d’avoir été une activité importante durant tout le Moyen Âge, comme le démontre la concentration d’auberges dans certaines rues de la ville et la présence d’une importante communauté juive convertie. Selon les données fournies par Luis Garraín, en 1474 on recensait 25 familles (140 personnes) contre 41 en 1485. En 1494, deux années après le décret visant l’expulsion des Juifs non convertis, on ne comptait plus que 15 familles, soit 41 personnes. L’impact que ledit décret eut sur une ville toujours en manque de main d’œuvre spécialisée semble avoir été notable, au même titre que l’expulsion en 1609 des Maures, de bons artisans et de grands connaisseurs du potager : ils étaient 109 en 1589, contre 51 en 1610.

L’Âge Moderne (comprenant les XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles) fut pour « Fuente de Cantos » une ère de changements dans de multiples aspects : sur le plan politique, juridictionnel, urbain, artistique, etc., et ce sans que les structures démographiques, économiques et sociales n’en aient été réellement affectées. Sur le plan politique, le gouvernement municipal était constitué de deux « alcaldes » (maires) ordinaires (l’un issu de la noblesse et l’autre plébéien) qui étaient à la fois les juges de première instance ainsi qu’un nombre variable de « regidores » (correspondant aux conseillers municipaux actuels, d’état pour la moitié d’entre eux) élus annuellement, même si avec le temps ceux-ci devinrent conseillers à vie et plus tard à perpétuité (titulaires de la fonction). En 1766, deux députés de droit commun furent admis ainsi qu’un « personero » (porte-parole) élu par le peuple. Finalement, quelques années plus tard, le « Consejo de Castilla » (le Conseil de Castille) désigna un « alcalde mayor » (le maire principal) pour l’administration de la ville (qui ne fut jamais simple, convenons-en). L’oligarchie locale, le groupe dirigeant qui cumulait les postes municipaux et ecclésiastiques, était composée d’un nombre limité de familles, dont les noms de famille (Calleja, Caro Guerrero, del Corro, Papos, Chaves, etc.) se répétèrent dans la documentation pendant des siècles, jusqu’à ce que celle-ci fût substituée par la bourgeoisie agraire de la seconde moitié du XIXème siècle. Quant à son assignation territoriale, « Fuente de Cantos » continua à dépendre sur le plan ecclésiastique de l’Ordre de Santiago (auquel elle a fourni d’importantes personnalités parmi lesquelles se trouve son meilleur chroniqueur,  Bernabé de Chaves lui aussi prieur, ainsi que son premier évêque, José Casquete de Prado), mais en fut séparée sur le plan civil en 1574, ayant appartenu à différents seigneurs par la suite (à la ville de Séville, à Juan Núñez de Illescas, à Romano Altamirano, au comte de Cantillana) jusqu’à ce qu’elle acquît sa liberté en 1679 et devint une « villa de realengo » (ville du domaine royal, soumise directement à l’autorité du Roi).

En termes démographiques, la population a subi d’importantes oscillations durant le XVIème siècle tout en maintenant des niveaux absolus élevés. En 1532, on comptait 657 « vecinos » (familles, environ 2 500 habitants), 900 en 1552, 800 en 1587, 900 en 1591 et 700 en 1598. La crise liée à la fin de siècle, perceptible dans le dernier recensement, ne trouva pas de palliatifs durant les années 1600 ainsi que lors de la première décade des années 1700, période au cours de laquelle la mortalité découlant des catastrophes (épidémies qui se produisirent cycliquement, guerre contre le Portugal entre 1640 et 1668, guerre de Succession entre 1702 et 1714 et autres crises de subsistance) fut forte : 591 « vecinos » (familles) en 1631, 500 en 1646, 435 en 1712. La récupération fut lente : en 1751 (avec 621 familles), nous étions encore loin des effectifs existant à la fin du XVIème siècle. Nous avons aussi connaissance de la structure urbaine de la ville aux alentours de 1588, sachant que celle-ci ne subit guère de changements profonds jusqu’au XIXème siècle ; cette année-là, les habitants se concentraient dans les rues suivantes : Llerena, Hermosa, Usagre, Sardanores, « Espíritu Santo », Calzadilla, Almenas, « Caño de las Barrigas », « Santa Ana », « Horno de la Poya », « San Marcos » et « La Sangre », Segura, « San Julián », Misericordia, Martínez, Montemolín et Crimentes. La plupart des noms de rues sont liés aux directions des chemins vers lesquels elles nous conduisaient ou aux ermitages se trouvant parmi ses hameaux. Une grande partie de ces rues conservent aujourd’hui ladite appellation ainsi que l’ancien tracé, bien que de manière approximative. Les bâtiments publics et les établissements ecclésiastiques se distinguaient au beau milieu des longues ruelles étroites et des quelques places et espaces ouverts existant. L’Eglise paroissiale en particulier, dont le « cube » ou vieille tour date au moins du XVème siècle, jadis crénelée, s’imposait brillamment jusqu’à ce qu’elle ne bénéficie à la fin du XVIIIème siècle, d’un certain équilibre visuel procuré par l’achèvement de la construction d’une nouvelle tour. En face se trouvait, comme à l’heure actuelle, l’hôtel de ville et dans les rues adjacentes, les bâtiments « de la encomienda » (de la Commanderie), « bastimentos » (des provisions), la boucherie, la « mesa maestral » et la prison. Les couvents et leurs respectives églises ont aussi façonné l’urbanisme : en plein centre, le couvent « de la Concepción de franciscanas » et celui de « las Carmelitas descalzas » et dans les alentours, le couvent des moines franciscains de « San Diego ». Tout trois furent érigés pendant la période allant de 1575 à 1650 approximativement ; à l’heure actuelle, seul celui des « Carmelitas » demeure en activité et entièrement conservé. On trouve aussi trois hôpitaux destinés aux pauvres gens : celui « de la Sangre de Jesús de los Afligidos » ainsi que ceux « de los Ángeles » et « de la Esperanza ». Enfin, il existe aussi une bonne vingtaine d’ermitages (même si tous ne furent pas contemporains) parmi lesquels seuls ceux de « San Juan » et de « la Hermosa » (qui héberge celle qui est, depuis le XVIIIème siècle et ce en lieu et place de la  « Virgen de la Granada », la patronne de « Fuente de Cantos ») sont aujourd’hui destinés à l’activité cultuelle.

Durant le XVIème siècle et selon les registres officiels, 291 « fuentecanteños » (habitants de « Fuente de Cantos ») émigrèrent vers « las Indias » (dénomination désignant les pays d’Amérique Latine). Ce chiffre représente 2,3% du total des « extremeños » (habitants de l’Estrémadure) d’origine connue qui partirent en Amérique au cours du XVIème siècle, ce qui démontre que notre ville dépassa largement la moyenne d’émigration régionale, étant donné que sa population représentait 0,7% de celle de l’Estrémadure. On trouvait parmi ceux qui embarquèrent, un nombre considérable de prêtres et quelques représentants importants de la société locale, même si la majeure partie appartenait à ce groupe social dont les seules ambitions se limitaient à vouloir se sortir de la pauvreté ou de la misère : celui des paysans et des domestiques pour la plupart. Durant le XVIIème siècle, l’émigration vers « las Indias » subit une chute drastique : 23 émigrants seulement, la plupart étant partis lors du premier tiers du siècle. Il semble que ce phénomène n’eut qu’une faible répercussion sur l’avenir de la population : il n’a guère influencé son évolution démographique (hormis lors de la dernière décennie du XVIème siècle) et les vagues qui arrivèrent ne s’investirent que très peu dans les activités productives. Mis à part l’argent des défunts sans héritiers, les autres s’impliquèrent dans la fondation de chapellenies.

Par ailleurs, les ressources économiques durant l’Âge Moderne étaient très étroitement liées à la terre. Selon les données de Tomás Pérez Marín, sur les 40 425 fanègues du territoire communal en 1752, 12,3% d’entre elles seulement appartenaient à la commune (les pâturages « del Campo », de Risco, de Villar et de Nueva). Certaines données datant des époques antérieures, attribuaient à l’Eglise 6,41% des terres et 34% d’entre elles à l’Ordre de Santiago, les terres restantes étant parcellisées entre particuliers. Nous savons néanmoins que les terres de l’Ordre de Santiago furent en partie privatisées et que celles de l’Eglise eurent tendance à augmenter jusqu'à la fin du XVIIIème siècle. D’un autre côté, il existait 24 000 fanègues supplémentaires en régime d’exploitation intercommunale avec les villes associées citées auparavant (les pâturages de Calilla et autres). Il convient de souligner l’exploitation de ces surfaces à des fins d’élevage. Prés, pâtures et, dans une moindre mesure, bois occupaient 55% du territoire municipal d’après le cadastre de « Ensenada » (1752) avec une présence importante et continue des élevages transhumants « de la Mesta », pas toujours bien acceptés par les agriculteurs et éleveurs locaux, mais sources de substantielles rentes pour les propriétaires des pacages. L’élevage ovin était de loin l’activité la plus abondante (il représentait 83% des têtes de bétail). L’agriculture se basait sur la monoculture de céréales, malgré de faibles rendements (9 fanègues de blé pour chaque fanègue de terre dans les meilleurs domaines, contre seulement trois dans les moins bons), les vignobles étant pratiquement inexistants et la culture de l’oliveraie ainsi que celle du potager des activités plus résiduelles. Pour ce qui est du monde artisanal ou pré-industriel, il n’existait pas de réseau productif notable et varié et encore moins d’organisations corporatives qui en assurassent le contrôle ; par contre, il convient de distinguer l’importance qu’ont eu les manufactures textiles (« jergas » (grosses toiles), bures et autres gros tissus) ainsi que les fabriques de teinture au XVIIIème siècle, tel que nous l’indiquent l’ « Interrogatorio de la Audiencia de Extremadura » (1791) et les « Memorias políticas y económicas » de Larruga (1797) ; celles-ci employaient (si tant est qu’à temps partiel, combiné avec le travail agricole et domestique) presque 500 personnes, des femmes pour la plupart. Finalement, le commerce ne semble pas avoir été une activité centrale comme le prouvent l’absence de foire annuelle, le faible nombre de marchands qualifiés dans les différents registres analisés  ainsi que la progressive réduction du nombre d’auberges et de pensions au fil du temps.

Tout comme dans le reste du territoire « extremeño » et péninsulaire, la société « fuentecanteña » de l’Ancien Régime était clairement divisée en deux grands groupes : les privilégiés (la noblesse et le clergé) d’un côté et le commun des habitants de l’autre. Les premiers, en flagrante minorité, contrôlaient les organes décisionnels de gouvernement et la plupart de la richesse (immeubles rustiques et urbains et le marché des crédits). Une minorité qui, malgré tout, atteignait des proportions qui surprendraient aujourd’hui : d’après le recensement de Floridablanca en 1787, la ville comptait 34 « hidalgos » (nobles espagnols), 62 ecclésiastiques, 43 moines et 45 bonnes sœurs. Ceux qui n’étaient pas privilégiés, comme évoqué précédemment, devaient subvenir à leurs besoins essentiellement à travers l’agriculture et l’élevage. En 1752, l’élevage occupait environ 150 personnes et l’agriculture approximativement 450, mais on ne recensait que 65 agriculteurs (propriétaires), contre 163 en 1787, le reste étant des travailleurs journaliers. Pour en revenir au recensement de 1787, 119 travailleurs manufacturiers et 96 travailleurs formant ce que l’on considérerait aujourd’hui le secteur tertiaire (des domestiques pour la plupart) complétaient le panorama du monde du travail. Carte de « Fuente de Cantos » en 1887.

Quant à la composition sociale, les énormes déséquilibres qui se dessinaient dans les structures économiques à l’aube de l’Âge Contemporain étaient évidents. Un élevage prédominant mais générant peu d’emploi, une agriculture pauvre et regorgeant de travailleurs journaliers, peu de propriétaires et une faible diversification des activités professionnelles. Et en même temps, une population qui ne cessait de croître : 3 500 habitants en 1800, 4 700 en 1830, 6 500 en 1870 et 8 500 en 1900. Les réformes libérales n’allaient d’ailleurs qu’accentuer les problèmes sociaux : le désamortissement des patrimoines communaux reduisit encore plus la seule ressource de centaines de familles et favorisa, au même titre que la vente des propriétés ecclésiastiques, l’ascension économique et sociale d’une nouvelle classe de propriétaires terriens. Les chiffres concernant la répartition de la propriété fournis par Sánchez Marroyo et Macías García au début du XXème siècle sont à ce propos éloquents : les parcelles de moins de 10 hectares occupaient à elles seules 15,2% du territoire municipal contre 60,5% pour celles de plus de 100 hectares ; en d’autres termes, 52 propriétaires (représentant 4,5% du total) disposaient de 75,8% des terres. Les propriétés restantes étaient partagées en 1 073 propriétés (et non propriétaires). On trouvait enfin ceux qui ne possédaient rien, environ 3 000 familles. Au regard de ces données, il n’est pas surprenant que « Fuente de Cantos » ait été l’une des localités les plus conflictuelles d’Estrémadure (parfois la plus conflictuelle même) sur le plan social et politique jusqu’en 1936, devenant y compris le centre pionnier de l’associativisme ouvrier, du syndicalisme ainsi que de l’expansion des idées ou groupes socialistes et libertaires.

Sur le plan juridictionnel, l’importance sociale de la localité fut finalement reconnue au XIXème siècle par le biais de l’attribution du pouvoir judiciaire. Le « Juzgado de Primera Instancia e Instrucción » (Tribunal d’Instruction de Première Instance) de « Fuente de Cantos » fut en effet créé par le « Real Decreto » du 21 Avril 1834, bien qu’il eût déjà fonctionné -certes avec une circonscription différente- durant le « Trienio Liberal » (Triennat Libéral, de 1820 à 1823). A l’exception de la période 1893-1896 où il fut supprimé, son existence se prolongea jusqu’en mars 1972, fonctionnant depuis lors comme « Juzgado de Distrito » (Tribunal de Circonscription) jusqu’en décembre 1989. A titre d’illustration, en 1886, si l’on s’en tient au nombre de cas, il s’agissait du septième tribunal en importance parmi les 28 qui existaient alors en Estrémadure. Ses juges étaient de première instance en matière civile et juges d’instruction en matière criminelle. Entre 1882 et 1892, les affaires criminelles furent transférées au Tribunal de Llerena et par la suite à la « Audiencia Provincial » (Audience Provinciale). Sa juridiction comprenait les localités de Atalaya, Bienvenida, « Calera de León », « Calzadilla de los Barros », « Fuente de Cantos », Monesterio, Montemolín, « Puebla del Maestre », Usagre et « Valencia del Ventoso ». Impulsée par son leadership, la localité deviendra au fil du temps la référence régionale, progressivement dotée d’une prison, d’un notariat, d’un registre foncier, d’un bureau de perception, etc.

Cependant, tout comme pour le reste de l’Estrémadure, les infrastructures ne se développèrent guère ou ne le firent que tardivement. On ne saisit pas l’opportunité du chemin de fer, important vecteur de développement économique, et la plupart des routes qui reliaient « Fuente de Cantos » à sa région ainsi qu’à Séville n’étaient toujours pas goudronnées au début du XXème siècle. L’optimalisation de services tels que l’électricité ou l’eau courante ne s’obtinrent qu’à cette date. Les conjonctures propices à l’impulsion de chantiers publics, comme le fut la période de la dictature de « Primo de Rivera » (1923-1930), ne furent pas non plus complètement exploitées du fait de l’énorme endettement de la municipalité, dont une partie des ressources dut être consacrée à l’assistance sociale.

La guerre civile a constitué, comme pour tant d’autres communes, une véritable parenthèse dans le développement de la localité. En 1936, peuplée de quelque 11 500 habitants, la ville vivait la plus grande croissance de son histoire lorsqu’elle dut faire face à un conflit belliqueux qui, bien que de courte durée (la ville fut occupée au début du mois d’août), fut lourd de conséquences. Nous connaissons tous les épisodes tels que l’incendie de l’église paroissiale provoqué par des exaltés de gauche, ou encore la cruelle et vaste répression que menèrent les vainqueurs. « Fuente de Cantos » ne fut plus la même après la guerre, on pourrait y compris avancer qu’elle ne s’en remetta jamais : elle perdit vigueur démographique et économique, les différences sociales et les difficultés que traversait une grande partie de la population s’accentuèrent, son dynamisme politique et associatif fut fauché et l’impact sur les mentalités fut réellement terrible. Néanmoins, au cours de l’interminable après-guerre et des dures années 40 et 50, la localité qui dépassait encore les 10 000 habitants, tenta d’augmenter sa puissance économique et la prestation de services par le biais de la création d’une multitude de petites entreprises dans le secteur de l’industrie (tout particulièrement l’industrie alimentaire) et le commerce ; ce « minifundismo empresarial » (ensemble de petites propriétés patronales) ne put d’ailleurs rivaliser, aussitôt que les voies de communications s’améliorèrent, avec les grandes entreprises et les réseaux commerciaux des villes environnantes.
Les difficultés sociales expliquent l’incidence toute particulière qu’eut, à « Fuente de Cantos », un phénomène alors généralisé dans l’Espagne rurale qui restait à l’écart du développement franquiste : l’émigration. De fait, la perte d’effectifs fut constante durant toute la seconde moitié du XXème siècle : il y avait 10 027 habitants en 1950, contre 8 941 en 1960, 5 967 en 1970, 5 472 en 1981, 5 130 en 1991 et 5 057 en 2001. Les destinations initiales de ceux qui se voyaient dans l’obligation d’émigrer dans les années 50, furent les pays européens qui avaient besoin d’une abondante main d’œuvre pour reconstruire leur industrie et leurs infrastructures suite à la Seconde Guerre Mondiale : il s’agissait de la France, de l’Allemagne et, dans une moindre mesure, de la Suisse. A partir des années 60, l’émigration fut fondamentalement nationale : les régions d’accueil furent principalement Madrid et la Catalogne. L’impact causé par un mouvement migratoire d’une telle envergure en si peu de temps (si l’on se situe dans une perspective historique) est fort compréhensible et reste présent à l’esprit de tous. Pourtant, en bénéficiant d’un rapport entre sa population et ses ressources finalement adapté à ses paramètres naturels,  « Fuente de Cantos » a obtenu au cours des derniers lustres une certaine stabilité sur le plan démographique, professionnel et économique tout en améliorant, grâce aux investissements provenant des institutions, la prestation de services publics indispensables. En définitive, les lignes de conduite qui doivent régler le développement de la localité sont liées à l’exploitation des ressources et des capitaux endogènes (sans oublier l’économie subventionnée) au profit d’activités productives telles que les industries carnée et agroalimentaire, le bâtiment ou le commerce.

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